Les Centres d’éducation pour l’intégration Mali/Burkina sont aujourd’hui une réalité à travers le développement des curricula des troisième et quatrième années. En effet, la finalisation et la validation des manuels, guides et curricula des 3ème et 4ème années CEI étaient au centre d’un atelier de 10 jours, du 13 au 22 décembre 2011, à Bobo Dioulasso, au pays des Hommes intègres.
Organisée conjointement par le ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation du Burkina Faso et celui de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues Nationales du Mali, la rencontre des experts pays avait trois objectifs essentiels :
finaliser et valider les curricula de 3è et 4è années ainsi que le matériel didactique ;
adopter le programme d’activités du projet CEI en 2012 ainsi que le projet de comité de pilotage du programme ;
enfin définir les rôles et responsabilités des comités de suivi et de gestion du programme.
L’atelier a regroupé plus d’une vingtaine de participants venus des deux pays

La cérémonie d’ouverture a été présidée par la Directrice régionale de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation des Hauts Bassins, Mme KONATE Salimata WATTARA, représentant le Secrétaire général du ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation du Burkina Faso. Elle avait à ses côtés le Pr. Dénis DOUGNON, Secrétaire général du ministère de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues Nationales du Mali. IL faut noter également la présence de M. Adama TRAORE, Coordonnateur du projet ES-CEBNF, M. Nouhoum Diakité, Directeur du Centre National des Ressources de l’Education Non Formelle (CNR- ENF), M. Jean Bernard BAKO, Directeur de la Recherche des Innovations en Education Non Formelle et en Alphabétisation (DRINA), M. Pascal P OUEDRAOGO, Directeur de l’Education Non Formelle des Adolescents (DENFA).

La Directrice régionale de l’Enseignement de base et de l’alphabétisation des Hauts Bassins a souhaité la bienvenue à ses frères et sœurs du Mali dans la cité de Sya. Cette présence témoigne, selon elle, de leur disponibilité et de leur engagement pour la réussite totale de l’intégration entre les deux pays. Elle a ensuite fait remarquer que les deux pays présentent des similitudes socio économiques avec un taux d’alphabétisation de moins de 30% qu’ils ambitionnent relever à 60% en 2015.
L’ouverture des CEI le long des frontières du Burkina Faso et du Mali
poursuit-elle, est un excellent moyen d’intégration des peuples par l’alphabétisation qui participe de la promotion de la paix, de la concorde dans l’espace communautaire et de l’avancée de la démocratie. Elle s’est surtout réjouie des résultats forts encourageants obtenus en matière d’élaboration de documents didactiques lors des précédents ateliers.
Quant au Pr. Denis DOUGNON, il a souligné l’importance du projet CEI qui permettra au Mali et au Burkina FASO de développer un programme de culture de la paix et d’intégration à travers l’Education non formelle. En référence à toutes les activités réalisées dans le cadre des CEI par les deux pays, le Pr. DOUGNON a estimé que la tenue du présent atelier s’inscrivait dans la suite logique d’une série d’activités d’élaboration de documents didactiques.
Pour le secrétaire général du ministère de l’Education, de l’ Alphabétisation et des Langues Nationales du Mali, les participants ont comme tâche essentielle de mettre en place une base curriculaire garantissant aux sortants des CEI un profil de citoyen patriote et démocrate, un acteur de développement soucieux de l’intégration et de la culture de la paix, maîtrisant des connaissances et compétences liées aux progrès scientifiques, techniques et technologiques.
Les travaux ont commencé par l’examen et l’analyse des TDR, suivi de la répartition des experts en groupes de travail. Ainsi, quatre groupes ont été constitués.
Le premier groupe était chargé de relire et de finaliser les curricula des 3èmes et 4ème années alors que le second avait à son actif l’analyse des contenus des manuels de lecture et de mathématiques des 2ème années. Quand au troisième groupe, il devait passer en revue et analyser l’ensemble des modules relatifs aux domaines des sciences de la vie et de la terre et des sciences humaines et sociales des 3ème et 4ème années.
A la fin des travaux les participants ont surtout recommandé, entre autres la mobilisation à temps des ressources financières nécessaires pour permettre aux équipes pays de réaliser les activités de rédaction et de production et la signature des textes portant création du comité conjoint de suivi et des comités de pilotage des acticités du CEI.
A l’issue de 10 jours d’intense exercice intellectuel, c’est la ministre de l’Education Nationale du Burkina Faso Madame BOLI qui a présidé la clôture des travaux de la rencontre. Elle était entourée pour la circonstance de son homologue délégué de l’alphabétisation, M. Zakaria TUEMTORE, et du secrétaire général du ministère de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues Nationales du Mali, Denis DOUGNON.
Le ministre délégué en charge de l’Alphabétisation du Burkina Faso s’est particulièrement réjoui de la coïncidence des travaux de cet atelier avec le lancement de la campagne d’alphabétisation 2012 de son pays.
Les centres d’éducation pour l’intégration (CEI) sont, pour lui, l’émanation de la volonté politique des plus hautes autorités de nos deux pays respectifs de renforcer l’intégration entre nos deux peuples, à travers l’éducation. En effet, souligne-t-il, le comité de suivi des recommandations de la VIIème session de la Grande commission mixte de coopération entre la République du Mali et celle du Burkina Faso, lors de sa réunion, du 5 au 6 mars 2007, avait recommandé le renforcement de la collaboration entre les deux départements en charge de l’éducation où de nombreuses potentialités méritent d’être développées.
Selon le ministre, les deux pays peuvent être fiers, d’une part, du chemin parcouru ensemble et, d’autre part, du processus qui reste à parcourir pour doter ces structures de tous les instruments techniques nécessaires à une extension du projet. Car, rappel-t-il, « conformément à l’article 04 du protocole d’accord signé le 09 juillet 2010, les deux parties ont convenu de « l’extension du programme aux autres frontières communes d’ici à 2012. »
Le ministre a invité les experts à élaborer les fiches de projets pour permettre le démarrage effectif de la seconde phase dès 2012 en application de l’agenda recommandé par le protocole d’accord.
L’évènement est historique, selon le secrétaire général du ministère de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues Nationales du Mali. Car, il constitue un moment solennel pour faire le bilan des durs efforts consentis par les experts de nos deux pays pour le développement des curricula et du matériel didactique pour les 1ère, 2ème, 3ème et 4ème années de nos CEI.
De Bobo 2008 à Bobo 2011, en passant par Ségou 2010, le parcours aura été long, mais porteur de fruits au regard des résultats atteints, selon M. DOUGNON. Car, les CEI disposent désormais de curricula pour les différentes années des CEI, de manuels et guides finalisés et validés pour les 1ère et 2ème années CEI ; de modules en Sciences humaines et sociales et en sciences de la terre et technologie, finalisés et validés pour les 3ème et 4ème années CEI ; d’un guide pédagogique unique ainsi que d’un guide de suivi.
Malgré ces résultats flatteurs, le trajet reste long à parcourir, selon lui. S’il est vrai que le développement des curricula et du matériel constitue la première activité majeure à laquelle les deux pays se sont attelés, il n’en demeure pas moins que les efforts doivent être menés sur les autres aspects du projet. Il s’agit, selon lui, de la recherche-action, le renforcement de l’offre éducative, l’amélioration de la qualité de l’éducation, le renforcement des capacités institutionnelles et communautaires, etc. Pour réussir cette lourde mission, il est indispensable, selon le secrétaire général, de se mettre ensemble, de façon résolue, de mutualiser les ressources humaines, matérielles et financières, de partager les meilleures expériences et les meilleures pratiques. M. DOUGNON ne doute point que l’horizon reste couvert de défis.
La prochaine rencontre de travail est prévue à Ségou au cours du premier trimestre 2012. Cette rencontre centré sur la validation des manuels de lecture et de calcul des troisièmes et quatrième année sera sans doute l’occasion pour adopter le plan d’action de la seconde phase du projet.
Il signaler que la clôture de l’atelier a coïncidé au lancement de la campagne nationale de l’alphabétisation du Burkina Faso. Ladite cérémonie a enregistré la participation des officiels maliens dont le secrétaire général du département de l’Education, le Pr. Denis DOUGNON et le Chef de Cabinet Adama COULIBALY.
Il est à noter que nos deux pays ont en commun des faibles taux de scolarisation et d’alphabétisation qui sont inférieurs à 30% alors que l’objectif fixé, dans chacun des Etats, est de 60% d’ici à 2015.
Face à cette situation, les Autorités maliennes et burkinabé, dans un contexte global d’intégration entamé, à travers l’UEMOA et la CEDEAO, entendent conjuguer leurs efforts à travers l’éducation non formelle. Dans ce contexte, les CEI deviennent une forme de matérialisation de la politique d’intégration sous-régionale tant prônée par les deux organisations sous-régionales.
Par A.Z.MAÏGA



