ACCUEILMinistère de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues Nationales7. ACTUALITES

Enseignement secondaire général Les raisons d’une réforme

Enregistrer au format PDF Version imprimable de cet article envoyer l'article par mail title=

Adapter l’enseignement dispensé dans les lycées aux réalités socio-économiques du pays et au contexte de mondialisation de l’enseignement. Voilà la raison d’être du nouveau projet de décret portant organisation et modalités de fonctionnement de l’enseignement secondaire général soumis aux acteurs du sous-secteur, samedi dernier au Palais de la culture Amadou Hampâté BA.

La rencontre présidée par le Pr. Salikou SANOGO, ministre de l’Education, de l’alphabétisation et des langues nationales, a enregistré la présence de plusieurs de ses proches collaborateurs dont le ségal le Directeur national de l’enseignement secondaire général, le Dr Bakary Casimir COULIBALY, et le secrétaire général du département, le Pr. Denis DOUGNON. On y notait également la présence de plusieurs organisations de la société, des enseignants, etc.

Le ministre a d’abord fait remarquer que la réforme proposée à l’appréciation des participants ne concerne pas l’ensemble de l’enseignement secondaire mais plutôt le secondaire général. Il a ensuite fait l’historique de la réforme engagée qui connaîtra ses débuts d’application dès la rentrée prochaine. Selon lui, le processus a commencé, depuis 2005 en vue de pallier un certain nombre de problèmes identifiés à ce niveau. Le Pr. SANOGO a relevé que les disciplines enseignées au niveau de notre enseignement secondaire général ne correspondent pas toujours aux filières de formation, au niveau des établissements supérieurs publics et privés actuels. La bataille que mène son département, a-t-il soutenu, est de changer, redynamiser et rehausser l’image de l’école malienne pour faciliter l’insertion des jeunes dans la vie socioprofessionnelle. Il y a également lieu, selon lui, d’adapter les formations dispensées au système LMD en cours d’application dans les établissements supérieurs de la place. Ainsi, la création d’un lycée à tendance professionnelle est l’une des solutions pour améliorer le système éducatif malien, a-t-il préconiser. Car, il permet, selon lui, de donner plus de chance aux élèves d’avoir des débouchés.

Par ailleurs, il a été rappelé par Dr COULIBALY que la redéfinition des séries et filières de l’enseignement secondaire général figure en bonne place au nombre des recommandations fortes du Forum national sur l’éducation, tenu du 30 octobre au 2 novembre 2008. Ledit forum a notamment recommandé la relecture du décret 138/PG-RM du 6 juin 1980 portant organisation de l’enseignement secondaire général, en vue d’adapter les séries à l’évolution de la situation sociale, nationale, régionale et internationale. Il a été aussi révélé par Dr COULIBALY que les enseignements dispensés dans nos lycées ne permettent plus de préparer à souhait les élèves aux études supérieures, encore moins à s’insérer dans la vie active.

C’est face à tous ces constats, a-t-il précisé, que la nouvelle réforme du lycée a été décidée. Il s’agit ainsi de la mise en place d’établissements d’enseignement secondaire en situation d’assurer un enseignement plus expérimental que livresque. Par conséquent, il est prévu la révision de l’ensemble des programmes d’enseignement et la création de nouvelles séries et filières débouchant sur des profils de formation plus diversifiés (baccalauréats général, technique, professionnel). La nouvelle réforme, a-t-on appris du directeur national de l’enseignement secondaire général, sera axée sur de nouvelles séries bâties autour de cinq piliers principaux, appelés domaines de compétence : « Art » ; « Développement de la personne »(DP) ; « Langues et communication » (LC) ; « Sciences, mathématiques et technologie » (SMT) ; et « Sciences humaines », (SH). Aussi, a-t-il expliqué, la nouvelle structure de l’enseignement secondaire général se compose ainsi : au niveau de la 10 ème, une série commune pour tous les élèves orientés au lycée ; en 11 ème année, trois séries dénommées respectivement 11eme Lettres (L), 11 ème Sciences économiques et sociales (S.E.S.) et 11 ème Science(S) ; au niveau de la 12 ème année, six séries dénommées respectivement Terminale langue lettres(T.L.L.), Terminale arts lettres (T.A.L), Terminale sciences sociales( T.S.S.), Terminale sciences exactes expérimentales (TS.Exp.), Terminale sciences exactes( TSE) et Terminales sciences économiques(T.E.Eco.). Les débats n’ont pas manqué de susciter quelques interrogations dans la salle, notamment celle d’un retour au tronc commun en vigueur de 1973 à1980. La question de moyen et les risques de surcharge chez les apprenants, etc.

Mais le ministre et le directeur sont restés convaincus que la nouvelle réforme constitue un pas décisif dans l’adaptation de notre enseignement secondaire général aux réalités de la vie. Ils ne restent pas moins également persuadés que le début de tout changement comporte des difficultés. Pour le cas précis, l’engagement et la détermination des hommes et des femmes de notre système permettra de surmonter les difficultés décelées. Il est à préciser que cette réforme sera mise en application dès la rentrée prochaine avec la 10 ème année. Ainsi, l’on aura les premiers bacheliers de la réforme dès 2013. Cette rencontre a été pour les participants, non seulement, un avant goût du nouveau changement que connaîtra notre enseignement secondaire général, mais aussi, une occasion de formuler des remarques et critiques concernant la nouvelle réforme. A.Z.MAÏGA