
L’IPR dispose d’atouts certains et le passage généralisé au système LMD à partir d’octobre 2010 offre une opportunité à l’Institut de mieux enseigner, mieux apprendre, mieux évaluer. C’est aussi pour plus de professionnalisme, plus d’ouverture, plus de diversification et d’adaptation des offres de formation aux demandes.
L’Institut Polytechnique Rural de Formation et de Recherche Appliquée de Katibougou, (IPR/IFRA) a commémoré les 110 ans de ce qu’il convient d’appeler la pépinière d’où il provient : la Formation Agricole de Katibougou. Les manifestations de cette commémoration ont duré 3 jours, les 23, 24 et 25 février 2010. Le premier ministre Modibo Sidibé, les deux ministres en charge de l’éducation et plusieurs autres membres du gouvernement de cabinets ministériels, de directeurs de services centraux, rattachés et d’organismes personnalisés ainsi que de très nombreux enseignants chercheurs, anciens élèves ou étudiants de l’ IPR avaient pris part à la cérémonie d’ouverture le mardi matin dans la cour de l’institut. De nombreux invités étrangers, généralement d’anciens sortants de l’IPR étaient également présents à Katibougou. Les autorités régionales à tous les niveaux ainsi que la population de la capitale du Méguétan s’étaient mobilisées pour réserver un accueil chaleureux à leurs hôtes venus de partout. Une autre raison de cette mobilisation est aussi le lien indéfectible entre Koulikoro et l’IPR ; son IPR.Cette occasion de se retrouver pour faire d’abord la genèse de l’Institut Polytechnique Rural, puis pour magnifier le travail de ses anciens élèves ou étudiants et leur rendre un vibrant hommage ne pouvait manquer d’émotion. En effet comme il fallait s’y attendre elle était au rendez vous. Le vieux Mamadou Gata Bah du Sénégal, un des tout premiers produits de la Formation Agricole de Katibougou a achevé son témoignage dans les larmes. Il a intervenu au nom des diplômés. Lorsqu’il a évoqué ce qu’était cet établissement à sa création en 1897 puis le souvenir de ses compagnons et surtout l’idéal qu’ils avaient nourri pour leur école et qui s’est concrétisé par l’évolution qu’a connue l’IPR ; tout cela l’a tant touché qu’il n’a pu retenir les larmes. L’ancien premier ministre Modibo Keita, un de ses fils dont la ville de Koulikoro est très fière était aussi à cette cérémonie en qualité de représentant des parrains de la fête. Il a pour sa part prié ses parents de parrainer avec lui l’événement, d’intégrer définitivement l’IPR, de le chérir non pour ce qu’il peut leur apporter mais parce qu’il est leur. Il portera l’émotion à son comble en rappelant la devise de l’institut « s’instruire pour l’aider en l’aimant le paysan africain ». Après avoir vivement remercié le gouvernement, il a invité les enseignants chercheurs à demeurer auprès des paysans qui ont tant besoin d’eux. Mais tout en continuant leur noble tâche en classe parce que ce sont les efforts conjugués et inlassables des enseignants qui ont aussi fait de la petite station de recherche agricole un fleuron national, une école aujourd’hui objet de toutes les convoitises. En effet l’IPR c’était d’abord la petite station de recherche agricole de Kati qu’on a transférée en 1901 à Koulikoro où elle est devenue l’Ecole des maîtres laboureurs. Les décideurs de l’époque ne s’étaient donc pas trompés eux qui avaient perçu la pertinence et la nécessité de la formation et de la recherche agricoles pour notre pays et la métropole. Un demi siècle plus tard, l’établissement a eu un véritable caractère moderne et sous régional avec la création du Collège Technique Agricole dont la vocation est et demeure la formation des cadres. L’Institut Polytechnique Rural a de 1968 à nos jours formé quelque 4543 ingénieurs, 86 titulaires de maîtrise en vulgarisation agricole et 5899 techniciens ; ces chercheurs évoluent dans différents secteurs de l’économie nationale, notamment le développement rural, la recherche, l’environnement, et l’enseignement. Ce n’est pas tout car l’IPR a aussi formé - cette fois - pour le reste de l’Afrique 676 ingénieurs, et 311 techniciens (Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, République Centrafricaine, Iles Comores, République du Congo, République Démocratique du Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, République de Guinée, République de Guinée Bissau, Madagascar, Mauritanie, Niger, Rwanda, Sénégal, Tchad, Togo). Ces prouesses ont établi pour longtemps la renommée de l’Institut et font aujourd’hui la fierté du directeur Fafré Samaké et ses collègues enseignants et chercheurs de Katibougou. Le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Madame Siby Ginette Bellegarde s’était elle aussi appesantie sur l’aspect reconnaissance méritée de Katibougou qui n’est pas seulement un des plus vieils établissements de notre pays mais en plus l’un des fleurons « l’un de nos plus prestigieux établissements d’enseignement supérieur qui a formé des milliers de cadres du développement rural pour le Mali et des centaines pour d’autres pays africains » a assuré Madame le ministre. Madame Siby a insisté sur les opportunités qu’offrent le système LMD et le statut d’EPSTC à l’Institut Polytechnique Rural/ Institut de Formation et de Recherche Appliquée de Katibougou, (IPR/IFRA). Le système LMD permettra la professionnalisation de ses enseignants, la diversification de ses offres de formation, la mobilité de ses professeurs et l’amélioration de la qualité de la formation. Quant au nouveau statut, il lui conférera l’autonomie financière, lui permettra de mieux s’épanouir et de s’adapter plus rapidement et plus efficacement aux changements inhérents à l’intégration et à la mondialisation. Le ministre a salué la contribution des services de développement rural à la formation des Ipériens à travers notamment l’encadrement des stages, l’animation des conférences et la participation aux soutenances. L’IPR/IFRA constitue un incontournable maillon dans le dispositif d’enseignement supérieur de notre pays. C’est pourquoi les plus hautes autorités ont toujours consenti d’importants efforts financiers pour la réhabilitation de ses infrastructures de formation et de recherche en vue d’offrir de meilleures conditions de vie et de travail aux enseignants et aux étudiants. Madame Siby Ginette Bellegarde a donné l’assurance que cet effort sera poursuivi afin que l’établissement puisse jouer pleinement son rôle comme le souhaite son directeur. Le directeur général Fafré Samaké en guise de reconnaissance a adressé un hommage mérité à ses prédécesseurs et à tous ceux qui ont contribué à la grandeur de l’IPR, ou se sont investis pour sa cause. « Nos pensées vont à tous ceux qui se sont investis pour la cause de cet établissement. A tous ces enseignants, étudiants et ouvriers qui dans l’anonymat ont fait de cette école ce qu’elle est devenue » a-t-il dit. Il a indiqué que son institut c’est aussi le présent et l’avenir. En effet l’IPR dispose d’atouts certains et le passage généralisé au système LMD à partir d’octobre 2010 est une opportunité pour mieux enseigner, mieux apprendre, mieux évaluer. C’est aussi pour plus de professionnalisme, plus d’ouverture, plus de diversification et d’adaptation des offres de formation. Toutes choses qui ont fait dire au directeur général Samaké que son institut avec ses 17 professeurs, ses 8 maîtres de conférence, ses 12 maîtres assistants et sa centaine d’assistants dont 6 détenteurs de doctorat plus son personnel administratif, technique et d’appui est prêt à relever les défis. Cet effectif d’encadreurs certes modeste mais efficace encadre actuellement quelque 820 étudiants. Mais l’IPR n’a pas que des atouts ; il a aussi des faiblesses au nombre desquelles le faible équipement des laboratoires, l’absence de matériel agricole tel que le tracteur ou encore la nécessité de clôturer le domaine de l’institut pour mieux sécuriser les biens et les productions dont il dispose. Une solution adéquate à ces contraintes permettra à l’institut de jouer pleinement son rôle conformément aux orientations du Projet de Développement Economique et Social (PDES) à savoir : faire de l’Agriculture le moteur du développement économique et social de notre pays.
Le premier ministre après avoir rendu hommage à l’IPR pour les nombreux et valeureux cadres qu’il a formés a annoncé le cadeau que le président de la république a fait aux Ipériens : un tracteur bien équipé pour les travaux agricoles et dans les jours à venir il mettra deux mini bus à la disposition du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Modibo Sidibé a exhorté les enseignants à la patience puis rappelé les engagements de son gouvernement pour l’enseignement en 2010. Il s’agit de ceux déjà annoncé le 22 décembre 2009 à l’occasion de la rentrée solennelle au titre de l’année académique 2009/2010 dont certains connaîtront bientôt un début d’exécution. La connexion de l’université de Bamako et des grandes écoles à Internet haut débit, des facilités d’acquisition d’ordinateurs portables pour les étudiants, la création de pôles de recherche ou encore la construction de logement pour les étudiants en sont quelques uns. Enfin s’agissant de (IPR/IFRA), le premier ministre a dit que son gouvernement n’attend que des propositions du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique pour consolider l’existant. Il a enfin promis de conduire les réformes avec détermination. Une visite guidée des locaux a mis fin à la cérémonie. Les officiels ont en effet visité les stands où étaient exposés les produits de l’IPR et des différents laboratoires de recherche de l’institut avant de regagner Bamako en début d’après midi. Le symposium qui a suivi était l’occasion pour les enseignants chercheurs de vulgariser les résultats de leur recherche. Pendant les trois jours qu’a duré la fête, l’animation était assurée par les artistes locaux de Katibougou et ses environs. Comme pour immortaliser l’événement, une amicale des anciens de l’IPR a été mise en place.
C Diawara
Chargé de communication.



